YouTube censure les chaînes vidéo nord-coréennes et s'attire les foudres des chercheurs

YouTube a récemment fermé deux chaînes nord-coréennes diffusant la propagande du régime de Pyongyang. La décision n’a cependant pas été très bien accueillie par la communauté scientifique.

YouTube applique des conditions strictes sur la plateforme et les internautes désireux de pouvoir continuer à utiliser le service doivent ainsi se plier aux règles édictées par le géant américain. Si la nudité est interdite, il en va de même pour les contenus choquants, violents ou incitant à la haine.

YouTube censure les chaînes vidéo nord-coréennes et s'attire les foudres des chercheurs

Les contrevenants s’exposent à des sanctions pouvant aller de la simple désactivation de la vidéo à la fermeture pure et simple de la chaîne.

YouTube a fermé deux chaînes de propagande nord-coréennes

Malgré les mesures mises en place par l’entreprise, le service a fait l’objet de vives critiques en mars dernier lorsque des annonceurs ont réalisé que leurs campagnes publicitaires étaient diffusées sur des vidéos antisémites ou incitant à la haine. Plusieurs marques ont alors lancé un boycott et l’affaire a été massivement relayée par les médias dans les semaines suivantes.

Face à la situation, YouTube a mis en place de nouveaux dispositifs pour limiter autant que possible la diffusion de ces contenus et les modérateurs se sont lancés en parallèle dans un ménage de printemps au sein des chaînes.

Hasard ou pas, l’entreprise a récemment fermé deux chaînes utilisées par la Corée du Nord pour diffuser sa propagande : Urimizokkiri et Tonpomail.

Peu connues du grand public, ces chaînes diffusaient les retransmissions de la chaîne télévisée de l’état nord-coréen ainsi que divers clips mettant en avant la politique du gouvernement de Kim Jong-un.

Une décision prise en raison d’une plainte et parce que ces deux chaînes violaient la charte du service américain.

Toutefois, cette décision a été mal accueillie par la communauté scientifique. Les chercheurs spécialisés dans l’étude du gouvernement et de la politique nord-coréenne utilisaient en effet ces chaînes pour mettre à jour leurs informations et pour collecter des données sur le régime de Kim Jong-un.

Une décision mal accueillie par la communauté scientifique

Elles leur permettaient notamment de suivre les déplacements du dirigeant, mais aussi de repérer et d’identifier les nouvelles infrastructures militaires construites par le régime. Certains scientifiques les utilisaient également pour obtenir des informations sur l’armement de la Corée du Nord et sur les diverses améliorations apportées aux missiles de son armée.

Curtis Melvin, un analyste américain, a donc publié une lettre ouverte afin de demander à YouTube de revenir en arrière. Joshua Pollack, un spécialiste de la non-prolifération, a surenchéri en indiquant que cette décision avait été prise au pire moment possible.

Les tensions entre la Corée du Nord et les Etats-Unis ne cessent en effet de croître depuis le début de l’année.

YouTube a rapidement publié un communiqué pour revenir sur la fermeture de ces deux chaînes, une fermeture visiblement imposée par la loi :

« Nous sommes heureux que YouTube soit utilisé pour documenter des événements et éclairer les coins sombres du monde entier, mais nous devons respecter la loi. Nous désactivons les comptes violant à maintes reprises nos lignes directrices communautaires ou les termes de services et lorsque c’est exigé par la loi. 

L’entreprise a refusé de donner des détails supplémentaires, mais certains observateurs pensent que cette décision a pu être motivée par un mandat émanant de l’exécutif américain.