10 ans plus tard, Google a toujours la capacité effrayante de contrôler à distance un téléphone

10 ans plus tard, Google a toujours la capacité effrayante de contrôler à distance un téléphone
 

Dix ans, c'est long. Assez long pour oublier que Google - et Apple d'ailleurs - a la possibilité de contrôler certaines parties de votre téléphone via Internet. Et peut-être de modifier tranquillement des paramètres sans votre permission.

Mais Google a commis une erreur très publique la semaine dernière, et cela fait encore une fois planer le doute.

La semaine dernière, les utilisateurs d’Android ont commencé à signaler que la fonction d’économiseur de batterie de leur téléphone s’était mystérieusement activée, que leurs batteries nécessitent ou non d'être économisée. Les terminaux à charge complète ont commencé à se brider, interrompant les mises à jour en arrière-plan, semble-t-il en raison d'un bug d'Android P, comme l'a rapporté Android Police.

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Une expérimentation de Google un peu visible

Seulement, ce n'était pas un bug. Selon l’un des comptes officiels de Google sur Reddit, c'est l'entreprise elle-même qui en est la cause. Selon le communiqué, Google menait "une expérience interne visant à tester les fonctionnalités d’économie de batterie qui ont été déployées par erreur auprès d’un plus grand nombre d’utilisateurs que prévu."

Si vous n'avez pas suivi de près Google au cours de la dernière décennie, vous pourriez être surpris de découvrir qu'une entreprise dispose d'un tel contrôle. Il est particulièrement surprenant d’envisager que des téléphones qui ne sont pas fabriqués par Google - l'Essential Phone, le Nokia 7 Plus et le OnePlus 6, d'après Android Police - ont également été affectés par cette expérience.

Mais si vous suivez Android depuis le commencement (et je veux dire le tout premier téléphone Android, le T-Mobile G1 / HTC Dream, lancé en octobre 2008), vous vous rappelez peut-être qu'Android a été doté d'au moins un kill switch depuis le début. La société n'y a eu recours qu'à deux occasions, autant qu'on peut s'en souvenir, en 2010 et 2011, pour supprimer complètement des applications jugées malveillantes.

En 2008, des blogueurs en téléphonie ont découvert le coupe-circuit Android, tout en se désespérant de la présence d'un dispositif similaire dans l'iPhone. On ignore si Apple en a déjà eu l'usage, mais Steve Jobs a estimé que c'était un mal nécessaire : "Nous serions irresponsables de ne pas avoir un tel levier" avait déclaré le cofondateur d'Apple au Wall Street Journal.

Kill swtich d'Android et iOS

En soi, l'activation non-sollicitée de la fonction Battery Saver de Google n'est pas un problème majeur. Apple a récemment été surpris à pour compenser le vieillissement de leurs batteries. À titre de comparaison, Google s'est cantonné à modifier un paramètre gênant pour quoi, une journée ?

Et il n’y a aucune raison d'imaginer que l’une ou l’autre de ces entreprises agirait intentionnellement de manière malveillante en dégradant, par exemple, la batterie d’un téléphone pour pousser les consommateurs à en acheter un nouveau.

Il est dans leur intérêt de préserver la satisfaction de leurs propriétaires, et de nombreux chercheurs et utilisateurs avertis n'hésiteront pas à dénoncer leurs pratiques en cas d'agissement suspect. Mais ce genre de chose fournit certainement des munitions supplémentaires aux théoriciens du complot.

Pour la première fois depuis des années, les erreurs de ces sociétés nous rappellent qu'un tel abus de confiance est potentiellement à portée de clic et vous vous demandez quelles autres sortes de changements ils peuvent piloter à distance et quels garde-fous sont en place pour empêcher les employés d'abuser de ce pouvoir.

Google n'a pas répondu aux demandes de commentaires.

Article "10 years later, Google still has the creepy ability to remotely control a phone" traduit et adapté par HFrance.fr