1,5 milliard de migrants climatiques en 2050 ?

Le changement climatique est désormais une réalité et l’humanité doit s’apprêter à faire face à ses conséquences. L’une de ces conséquences est le déplacement de nombreuses populations à cause de la montée des eaux et de la famine, entre autres.

Il y a déjà des millions de réfugiés climatiques et selon une nouvelle étude évoquée par Motherboard, il pourrait y en avoir jusqu’à 1,5 milliard de plus dans les 30 prochaines années. Le problème c’est qu’en vertu du droit international, aucun pays n’est obligé de les accueillir.

1,5 milliard de migrants climatiques en 2050 ?

Plus d’un milliard de migrants climatiques d’ici trois décennies

Le changement climatique est en marche, et il a joué un rôle central dans la décision de nombreux migrants de quitter leurs terres d’origine.

« L’été dernier, dans ma région, la chaleur a été intense pendant un mois et la moitié des cultures a séché , explique Gilberto Ysaias. « À cause de la chaleur, les agriculteurs plantent moins de cultures et plantent plus d’herbe pour le bétail. Et parce que les propriétaires fonciers plantent plus d’herbe, il y a moins d’emplois pour maintenir les cultures , ajoute-t-il. Ysaias a ainsi décidé de quitter le Honduras avec sa famille pour obtenir l’asile aux États-Unis. En mars dernier ils ont été arrêtés en tentant de franchir la frontière texane et devaient être expulsés. À présent, ils attendent qu’un juge leur dise s’ils bénéficieront ou pas de l’asile.

Le cas de Ysaias est un exemple parmi des millions. Le changement climatique peut exacerber la pauvreté, les conflits et l’instabilité qui frappent déjà des pays pauvres comme le Honduras. Selon une étude de l’Université de Stanford, le fossé économique entre les pays les plus riches et les plus pauvres est aujourd’hui 25% plus grand qu’il ne l’aurait été sans le changement climatique.

Et d’après l’Organisation internationale pour les migrations, entre 25 millions et 1,5 milliard de personnes devront quitter leur foyer d’ici 2050. Si les pays les plus pauvres et les plus petits sont ceux qui sont le moins susceptibles de contribuer au changement climatique, ce sont pourtant ces pays qui seront les premiers à être forcés de migrer. Toutefois, le changement climatique n’étant pas encore considéré comme une raison légale valable de demander l’asile dans un pays, il n’est pas inclus dans le droit international.

Pas de réfugié climatique dans le droit international

Les « réfugiés climatiques n’existent pas formellement dans le droit international. En effet, la Convention des Nations Unies de 1951 relative au statut des réfugiés définit le « réfugié  comme une personne qui franchit une frontière internationale pour « une crainte bien fondée d’être persécutée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social particulier, ou de son opinion politique . Cela est généralement interprété comme une oppression politique. Alors les maisons inondées, les récoltes brûlées ou les jungles dévastées ne sont pas (pour le moment) des raisons valables pour migrer.

Certains avocats contestent ainsi le terme « réfugié climatique , car la désignation de réfugié ne couvre pas les migrations environnementales. « Juridiquement, utiliser le terme ‘réfugié’ implique des droits et privilèges qui n’existent tout simplement pas dans le droit international. Presque tous les migrants climatiques ne bénéficieront pas du statut de réfugié traditionnel , a écrit en 2016 Phillip Dane Warren, avocat à la Columbia University.

En outre, le terme réfugié climatique fait généralement référence aux migrants transfrontaliers, pourtant la plupart des migrants climatiques vont se déplacer à l’intérieur de leurs propres frontières.

Les pays se mobilisent pour faire face aux migrations climatiques (sauf les USA)

Plus de 150 pays tentent actuellement de résoudre le problème de la migration liée au changement climatique. En 2015, l’Accord de Paris prévoyait la création d’un groupe de travail pour « s’occuper des déplacements liés aux effets néfastes du changement climatique . La Nouvelle-Zélande de son côté a indiqué en 2017 qu’elle pourrait créer une nouvelle catégorie de visas pour les personnes déplacées du Pacifique. Autant d’actions qui visent à faire face aux flots de personnes qui seront contraintes de se déplacer au cours des années à venir.

Toutefois, les États-Unis ne semblent pas pour le moment être très impliqués. Le pays s’est notamment abstenu de voter dans le Pacte mondial des migrations de 2018, qui vise à réduire les risques et les vulnérabilités auxquels les migrants sont confrontés. Les USA envisagent également de se retirer de l’Accord de Paris.